Ma hache s’abattit sur la bête à trois pines.
Le dos blanc se fendit laissant échapper des chapelets de petits insectes
laiteux crachotant un sang électrique. Un second coup de hache fracassa le
crâne translucide qui dégorgea un geyser de cervelle fluorescente et moussue.
La bête triphallique fraîchement décérébrée se
releva dégoulinante... de sa gueule en compote émanait un gargouillis de barbaque
triturée mêlé d’immondes râles stridulants... ses chairs se défaisaient et ses
viscères se liquéfiaient en amples traînées de vermines à pseudopodes
ectoplasmiques cependant que les trois pines se dressaient pleines et pâles,
trois énormes phallus blancs, nets, d’une nudité effarante.
Je lui assénai encore deux coups de hache, la
décapitant et l’éventrant : la moelle de ses vertèbres gicla parmi les
ruisselets de sang tandis que ses grosses entrailles roses et blanches se
déversaient luisantes, emplissant l’atmosphère d’une douce et enivrante
puanteur.
A la hache je m’acharnai sur la carcasse en
hurlant... Mes coups portaient, j’étais éclaboussé de débris filandreux, de sang
lactescent et de blanchâtres sécrétions... — mais les trois pines demeuraient
verticales et intactes, douées de vigueur autonome, en parfaite érection...
Trois belles surgirent alors entre la bête et moi,
trois nichonneuses dépoitraillées, voluptueusement goulues, fortement
chevelues... elles hurlèrent à ma face, je reculai, puis, chacune, s’emparant à
deux mains d’un phallus, déploya une ample langue fraîche et aqueuse pour
goûter au gland blanc...
Extrait de Carnage sensitif de Younisos